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L’accomplissement dans le vortex du plus grand rassemblement spirituel du monde

Crunch, crunch, crunch—nous avons atteint un calme relatif au milieu du chaos et des cris de la Kumbh Mela et j’entends le doux bruit de mes sandales contre le sol. Nous marchons le long du fleuve et nous sommes séparés temporairement de la foule, avant de nous diriger vers notre bain sacré dans le Gange avec notre bien-aimée Sai Maa. Le son de mes pas englouti la cacophonie de tous les autres sons. Le monde s’effondre sur lui-même et il n’y a que ce doux bruit de craquement. Le son de mes pieds et des pieds de 100 autres sur ce même chemin ensemble.

Tout à coup, mon cœur est envahi par une puissante expansion, je le sens pénétrer dans l’espace comme s’il était ouvert par une supernova. Tout le paysage est illuminé, une lumière aveuglante qui s’étend de ma vision à tout ce qui se passe à l’horizon, une explosion de pure béatitude absolue.

Il n’y a pas de son, il n’y a pas d’objets, il n’y a pas de moi, ni vous, ni personne d’autre. Il n’y a que de la lumière, il n’y a que de la dissolution dans cela. Et puis dans une respiration, c’est partie. Je suis de retour dans mon corps, toujours en train de marcher, émettant toujours les mêmes bruits sur la route sablonneuse, toujours présente à mon cœur s’ouvrant et s’ouvrant, au point qu tout mon être. Et je pleure, je pleure dans cet espace de mon propre cœur.

J’ai pris incarnation pour CECI. Pour faire ces étapes. Être ici à ce moment précis. Ma conscience est inondée par le grand dessein, l’alignement des étoiles, le mouvement des galaxies, les âmes qui ont accepté de me laisser m’incarner, les vies antérieures à celle-ci, et comment toutes ces choses s’alignent et ré-alignent constamment l’évolution de ma propre âme. Tous les petits détails de l’énorme plan orchestré, calculé pour que je me retrouve ici à ce moment-là, si clairs, si détaillés, si évidents – et ils sont partis encore.

La gratitude inonde tout mon corps. Des vagues de gratitude. Des larmes de gratitude. La gratitude jailli d’un moi qui se sent simultanément à la fois lointain et non séparé, d’un moi qui a vécu dans un autre temps et qui a laissé des choses inachevées, d’un moi qui n’a jamais atteint les rives de cette rivière, n’a jamais entendu le craquement des sandales dans le terre sacrée de la Kumbh. La porte se ferma sur quelque chose qui attendait de se réaliser depuis des siècles, cet après-midi sur les rives du Gange.

Arrivé au lieu de la baignade, nous nous tenons tous par la main et sautons dans l’eau du Gange sacré. L’exubérance prend le relais. Un chemin de purification,d’accomplissement. Un baptême de réalisation, un baptême de nouveaux commencements.

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